Athènes 1989
Je ne connaissais pas la ville et j'avais été plus attentif à sa réalité immédiate qu'à son histoire; tout comme à Blois lorsque je commençais à faire mes premières photographies en 1980, j'évitais les monuments, préférant les lieux communs du centre ville.
J'abordais Athènes avec méfiance, avec crainte ou timidité, d'où ce paradoxe de vouloir faire des images à la chambre grand format sans repérage au préalable. De m'être armé de cette chambre sans son trépied lors de ma première promenade, me laissant pour seule possibilité celle de faire des instantanés. M'attarder sur le décor et suggérer le mouvement des habitants, des passants.
La première photo en noir et blanc serait mon introduction, les deux personnages sont acteurs et spectateurs à la fois, nous regardons la même chose. Je pourrais dire que je ne suis pas sur scène, eux le sont et j'aurais envie d'y être. La dernière image est la même chose où presque, je ne suis plus sur scène et je m'attarde essentiellement sur les acteurs ; une jeune femme se laisse photographier par son compagnon, elle pose devant un Evzone, le Parlement en fond. Elle regarde le photographe et je suis derrière lui.
Entre ces deux images il y a les vues des rues d'Athènes, le décor avec ses habitants qui forment, parfois, un mouvement dense, des micro-scènes et même les prémices de portraits. Quelques fois ma présence est signalée par les regards des passants.