Paysage

Il m’est arrivé quelques fois de trouver un paysage bouleversant, troublant, provocant de douceur et de sensualité. Un paysage que je n’ai jamais cherché. Et je pouvais m’interroger sur lequel de nous deux avait trouvé l’autre. Jamais il ne fuit devant ma présence, bien au contraire. Il continuait à bouger sous mon regard. Alors j’avançais pour être au plus près et voir jusqu’où l’on pouvait se séduire. Ce fut toujours lui qui apprivoisait. Ce fut toujours moi qui m’offrais pour ne plus avoir d’appartenance sinon à lui. Plaisir originel de la douleur. Douleur céleste qui m’arrache des larmes si chaudes qu’elles doivent s’évaporer avant de toucher le sol.
Aurais-je une part de féminité cachée?
Aurais-je été un gymnosophiste dans une vie antérieure?
Dans mon ignorance, la connaissance de cette volupté me fit croire que certaines jeunes filles étaient des paysages parce qu’elles sont troublantes, bouleversantes, provocantes douceur et de sensualité. Elles ondulent jusque dans leur regard, en silence.
Mais qui doit apprivoiser l'autre?

©1994 Felipe Martinez