Ulaanbaatar

Présentation de l'exposition

La banlieue nord d'Ulaanbaatar est une immense zone non urbanisée, où s'installe une population venue de tout le pays dans l'espoir de trouver du travail et des soins médicaux.
Mon idée avait été de photographier ce mouvement d'extension au nord, mais à mon arrivée fin juin 2004 j'ai décidé de commencer les prises de vues par le centre géographique, la place Sukhebaatar; une manière de voir, visiter, comprendre l'histoire de la ville. Sans la chercher, sans la définir, elle devait apparaître obligatoirement sur les photographies.
J'organisais mes promenades avec méthode, chaque carrefour était aussi celui de mes points de vue, prétexte à passer du temps pour oublier ce qui me reste de certitudes, prendre du temps à regarder l'oscillation ou l'agitation d'une jeune ville, heurter mes pensées à une réalité lointaine, user ce même temps à en soustraire toute idée d'exotisme.
Vivre l'antagonisme d'un paysage urbanisé selon le modèle soviétique sur un territoire nomade. Sans aborder ni la beauté ni la laideur mais plutôt l'HÉRITAGE que seuls les Mongoles doivent diriger.
Ce que j'ai vu, c'est le mouvement de la population ou la population en mouvement. J'ai photographié son décor en me réservant le devoir d'y retourner et de la photographier, un jour, prochainement.
Cette évolution observée c'est peut-être l'ordre, la seule sagesse possible alors que d'autres y voient le désordre.
«...Ce pays touristique, qui offre ses incomparables beautés naturelles, cache la laideur de ses villes soviétiques, de ses bidonvilles de yourtes misérables, de ses enfants abandonnés...»
Cette phrase pourrait avoir été écrite par un touriste ayant visité le pays dare dare. Elle est celle d'un écrivain, J.C. Rufin président d'Action contre la faim (en 2004), extraite d'un article intitulé Vulnérable Mongolie publié dans le journal le Monde en août 2004. Ruffin nous dirait-il que la Mongolie ne pourra jamais se passer d'une tutelle? Comme tant d'autres pays en voie de développement, comme tant d'anciennes colonies devrais-je dire?
Le temps que m'offre la photographie est celui dont j'ai besoin pour m'alléger de toutes les images véhiculées dans nos médias afin de satisfaire nos rêves d'exotisme, notre compassion, surtout lorsqu'on associe un pays à la Misère. Je m'oppose à toute vision superficielle et à ces notions de vérité.

Expositions:
- Musée des Beaux-Arts d'Orléans du 22 octobre au 25 novembre 2005
- Siège de l'AGUR à Dunkerque dans le cadre de la "Semaine de la Mongolie en Flandre" du 18 au 27 avril 2008

Initié par l'Association Guillaume de Rubrouck.

>>Les images d'Ulaanbaatar

Musée des Beaux-Arts Orléans  

Musée des Beaux-Arts Orléans  

Dunkerque  

Dunkerque