Origine du projet: Le 5 mars 1994 Ahmed et Rabah Asselah sont assassinés en arrivant à l’École des Beaux-Arts d’Alger.

L’ami Pascal Bouchet réagit à cet événement tragique en réalisant un projet de tombeau pour le père et le fils. Quelques temps après ce fut la rencontre d’Anissa Asselah, accueillie par la Compagnie du Hasard à Blois.

Projet du tombeau

Projet de Tombeau © 1994 Pascal Bouchet-Asselah

C'est Gérard Beaudoin directeur de l'IAV qui me proposa de mettre en oeuvre une exposition de photographies. J'enseignais pour la première année dans cette école des Beaux-Arts. Et plutôt que montrer un travail existant j'ai réalisé ces deux séries de portraits quelques jours avant l'installation de l'exposition.

Texte accompagnant les photographies durant l'exposition.
Chaque mardi soir après avoir passé la journée à l'I.A.V. je pense souvent à tout ce que j'ai entendu, tout ce que j'ai ressenti.
Devant cette incertitude de l'avenir exprimée par quelques étudiants -incertitude teintée de dérision ou d'enthousiasme- les murs de l'école ont alors une apparence de "refuge". Le reste de la semaine je me nourris d'une certaine perception de monde ! J'utilise des morceaux de temps à penser au récit que me fit Anissa Asselah il y a quelques mois à propos de l'assassinat de son mari Ahmed (directeur de l'école des beaux-arts d'Alger), de leur fils Rabah (étudiant), de son propre exil à Paris et celui d'étudiants, professeurs, écrivains, journalistes...
Puis je vagabonde dans mon histoire et se mélangent au fond de moi des mots, des images, une impossible mémoire.
Je me souviens d'une salle des fêtes située au milieu du Campo-Santo à l'époque ou j'étais étudiant à l'école des beaux-arts d'Orléans. Cette salle des fêtes fut un point d'arrivée pour les réfugiés de la guerre d'Espagne en 1936.
Je n'aurai toujours que le loisir de penser au point de départ, à ce point de départ, à ce point de non-retour d'où est parti mon père quelque part en Espagne.
Le luxe de mon quotidien est d'utiliser du temps à superposer toutes ces pensées pour n'y voir que des paysages à travers les visages connus ou inconnus. Je ne peux que tenter de témoigner de l'existence de ceux qui font l'objet de mes pensées sans faire le reportage d'aucun événement.

Exposition :

-Galerie de l'I.A.V. ORLÉANS, Janvier 1997
-Fondation Ahmed et Rabah ASSELAH ALGER, Mars 1997

(Deux fresques, l’une faite de portraits d’étudiants et professeurs de l’E.N.S.B.A. d’Alger exilés en France, l’autre avec mes propres étudiants de l’Institut d’Arts Visuels d’Orléans).

>>Les images de l'exposition