1993 / 1995 • Limites

Journal 1992

Je cherche à longueur de journée et regarde dehors avec une nouvelle habitude, celle de ne plus rien voir.
Perdu comme au bord d’une piste de danse, extérieur au mouvement.
Je me rassure en observant ceux qui dansent mal !

Ma seule occupation est de vieillir, ne surtout faire que ça.
Puis il me semble parfois être traversé par un éclair alors je prévois un pas en avant, une épreuve supplémentaire. Je deviens légèrement plus attentif, plus prêt et je me souviens des bouffées de bonheur, celles qu’on respire pour rien, juste pour respirer.

Après la Mongolie il m’était difficile de reprendre mes habitudes dans la ville.

Je commençais une série avec famille et amis en gardant les mêmes méthodes de prises de vues qu’à l’extérieur. La chambre grand format impliquait l’utilisation du trépied et l’apport de lumières.


Jardins

Ce jour-là il me restait trois photographies Polaroid dans mon boitier, et pour m’obliger à observer ce petit territoire, le jardin potager d’un grand-père près de Vendôme, j’ai imaginé que ces ultimes photos à prendre seraient vraiment mes dernières. Elles ont été une sorte d’ouverture.
Par la suite j’ai loué une parcelle d’un jardin ouvrier au sud de Blois, une manière de dialoguer avec le globe !



Médiathèque de Saint Herblain

Réalisation d’un triptyque et exposition.

Exposition


Kichevo (Macédoine)

Durant le conflit en Bosnie et au Kosovo. Apporter une aide à cette petite commune de la région sud de l’ancienne Yougoslavie. La Macédoine du nord n’avait pas encore trouvé son nom. La Grèce avait fermé sa frontière sous prétexte que le nom lui appartenait. La guerre au nord, l’Albanie et la Bulgarie de chaque côté n’étaient pas des portes vers l’Europe.

Dès mon arrivée je rencontrais un photographe, il me prêtait un appareil photo et je réalisais quelques images des rencontres que l’on a pu faire avec l’aide de cette famille originaire d’Albanie.


Turón (Andalousie)

Au bord de l’Europe et de la Méditerranée, vivre l’inconfort de l’ailleurs dans un petit village où les habitants avaient de l’eau au robinet seulement deux ou trois heures par semaines si ce n’était pas toutes les deux ou trois semaines.

Tomás le propriétaire du seul bar dans le village avait la garde d’un jardin qu’il entretenait, derrière la montagne. Il y plantait des fèves, des oignons, des tomates. Il avait l’assurance que tout pousserait sans problème. Ses petits carrés de potager étaient protégés par des citronniers de plusieurs variétés. Souvent on le voyait partir du village avec ses deux mules, l’une servirait à porter ses légumes.

Un jour je me trouvais sur son chemin dans une rue du village, au volant de ma voiture toutes fenêtres ouvertes, nous nous sommes arrêtés pour nous saluer, dans les paniers de sa seconde mule il puisa à bras le corps un énorme bouquet de fèves qu’il venait de récolter, il me les lança à travers les fenêtres de la voiture et recommença en riant à pleines dents en levant les bras au ciel tout en me disant : ¡ qué alegria !



La chocolaterie Poulain

Une commande de la ville de Blois avec les urbanistes de la ville comme interlocuteurs.


Suite 1996 / 1999…